Recherche et formation

Le soleil au XVIIe siècle

Colloque international – 15, 16 et 17 octobre 2009

Organisé à l’occa­sion de l’Année Mondiale de l’Astronomie et à l’ini­tia­tive du réseau « Penser le Ciel » par le Centre d’étude « État, Société et Religion en Europe, Moyen Âge – Temps moder­nes » de l’uni­ver­sité de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Accueil par le Centre de recher­che et la Bibliothèque muni­ci­pale de Versailles.

Ce col­lo­que a pour objet de sui­vre l’ensem­ble des déve­lop­pe­ments et les enjeux des recher­ches effec­tuées sur le soleil. L’appro­che envi­sa­gée pri­vi­lé­gie l’his­toire des scien­ces, sans exclure les fic­tions, les visions ou les conjec­tu­res qui par­ti­ci­pent à la réflexion : telle la plon­gée de Cosmiel et de Théodidacte à l’inté­rieur du Soleil (Kircher, Iterarium Extaticum, 1656), la Cité du Soleil de Campanella ou les sup­pu­ta­tions de William Herschel rela­ti­ves à ses très hypo­thé­ti­ques habi­tants. La mytho­lo­gie et la sym­bo­li­que poli­ti­que, plus fami­liè­res au Roi Soleil dont la demeure accueillera ces débats, relè­vent, en revan­che, d’une autre démar­che.

Au début du XVIIe siè­cle, il est ques­tion dans les débats de la nature des taches solai­res, de leur dis­tri­bu­tion et de leur évolution, bien­tôt consi­gnées dans des séries d’obser­va­tions. On cal­cule la dis­tance du Soleil et des pla­nè­tes. On étudie son mou­ve­ment de rota­tion, l’obli­quité de son axe, l’attrac­tion ou la force de gra­vi­ta­tion qu’il exerce. On s’inter­roge sur la sta­bi­lité du sys­tème solaire, sur le deve­nir du Soleil et son éventuelle extinc­tion. En 1686, Fontenelle reconnaît que le soleil reste une énigme. Les décou­ver­tes déci­si­ves, réa­li­sées grâce à la théo­rie des gaz, à la spec­tro­sco­pie et à la ther­mo­dy­na­mi­que, sor­tent du cadre chro­no­lo­gi­que ici envi­sagé. L’obser­va­tion du Soleil est d’ailleurs dan­ge­reuse : Jean-Dominique Cassini, comme Galilée, meurt aveu­gle, et Fontenelle com­pare les deux savants à Tirésias « qui devint aveu­gle pour avoir vu quel­que secret des Dieux ». Le soleil a pour­tant joué un rôle déci­sif dans la genèse de la science nou­velle. L’hélio­cen­trisme, qui bou­le­verse l’ordre de la Création, ne s’est pas imposé sans résis­tan­ces. L’Église, qui avait accepté le sys­tème coper­ni­cien à titre d’hypo­thèse, le cen­sura comme « opposé à l’Écriture sainte » (1616), puis comme « for­mel­le­ment héré­ti­que » (1633) à l’occa­sion de l’affaire Galilée, et ne leva l’inter­dit — hor­mis pour les ouvra­ges de Galilée — qu’en 1758, à la fin du pon­ti­fi­cat de Benoît XIV. Entre la publi­ca­tion du De Revolutionibus (1543) et le triom­phe de l’hélio­cen­trisme, les sys­tè­mes cos­mo­lo­gi­ques se sont mul­ti­pliés et d’éphémères com­pro­mis furent ima­gi­nés, de Tycho Brahé à Riccioli et Kircher. D’emblée, pour les jésui­tes, la clef de tous les débats théo­lo­gi­ques et cos­mo­lo­gi­ques réside dans le soleil. Scheiner, nommé au Collegium roma­num en 1616, publie son grand ouvrage, Rosa Ursina, en 1631. Son Prodromus pro Soli mobili et Terra sta­bili en 1651 est un plai­doyer pour une cause déjà per­due. Au XVIIIe siè­cle, les Académies favo­ri­sent la cons­ti­tu­tion d’un véri­ta­ble réseau d’obser­va­tion des taches solai­res et déve­lop­pent tables et cal­culs. On s’inté­resse désor­mais aux phé­no­mè­nes lumi­neux et à la cha­leur solai­res. Les cal­culs des mathé­ma­ti­ciens Euler, Clairault, d’Alembert, Lagrange et Laplace assu­rent le triom­phe de la méca­ni­que new­to­nienne.

Actes à paraî­­tre aux Éditions Brepols.

PDF - 107.8 ko
Programme
Site réalisé avec le soutien de :
Château de Versailles
Conseil général des Yvelines
©CRCV