

Les funérailles du roi Louis XIV le 9 septembre 1715 à Paris.
D’après une gravure du temps. In Armand Dayot, Louis XIV, 1909. Bibliothèque du Centre de recherche du château de Versailles. © Centre de recherche du château de Versailles
Depuis une trentaine d’années, les historiens ont exploré la problématique de la genèse de l’État moderne en Europe entre le XVIe et le XVIIIe siècle. L’objectif de ce programme est de s’interroger sur la part qu’ont pu y prendre les stratégies funéraires des familles souveraines. L’étude des pompes funèbres a été jusqu’à présent menée dans une perspective monographique et descriptive. Il s’agit ici de mettre en regard et de comparer à l’échelle européenne ces processus et d’analyser leur fonctionnement à l’intérieur du corps social des États et entre les différents États de l’Europe. L’étude est menée suivant trois axes :
• Élaboration de « modèles » funéraires dynastiques, circulation, influences, concurrences ;
• Évolution du genre lui-même, complexification, glissement du religieux au politique, politique monumentale des monarchies, entre l’exaltation du vivant (modèle Bourbon) et celle du défunt (modèle Habsbourg) ;
• Les acteurs des pompes funèbres, participants, assistants, exclus. La diffusion par les relations (ambassadeurs, presse, etc.). Réitération des cérémonies dans les États des princes mais spécialement dans les autres États européens. Passage d’une pratique privée à une pratique publique et collective, processus du faire-mémoire, élément structurant d’un faire-corps politique.
Chefs de projet :
Gérard Sabatier, professeur émérite d’histoire moderne à l’université Grenoble II-Pierre Mendès-France,
Juliusz A. Chroscicki, professeur émérite d’histoire de l’art à l’université de Varsovie en Pologne,
Mark Hengerer, maître de conférences en histoire et sociologie à l’université de Constance en Allemagne
Martine Boiteux, professeur agrégé d’histoire à l’École des hautes études en sciences sociales ;
Marcello Fantoni, professeur d’histoire moderne à l’université de Terme en Italie ;
Birgitte Johannsen, editor au Nationalmuseet de Copenhague au Danemark ;
Jean-Marie Le Gall, professeur d’histoire moderne à l’université Rennes 2 ;
Michael Schaich, historien au German Historical Institute London (GHIL) en Angleterre ;
Marie-Karine Schaub, maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris-Est Créteil Val de Marne ;
Ingeborg Schemper-Sparholz, professeur d’histoire moderne à l’université de Vienne en Autriche.
Colloque « Funérailles princières et opinion publique en Europe (XVIe-XVIIIe siècles) » à Versailles et à Saint-Denis du 26 au 28 novembre 2009, troisième colloque en rapport avec notre programme.
Publication d’articles dans le Bulletin du Centre.
Actes des deux premiers colloques du programme La mort du prince et la mise au tombeau (Cracovie, 14-16 octobre 2007) et Architectures éphémères et monumentalité (Madrid, 27-29 novembre 2008) à paraître sous le titre Mémoire monarchique et construction de l’Europe. Les stratégies funéraires des dynasties princières du XVIe-XVIIIe siècles, coédition Éditions de la Maison des sciences de l’homme / Centre de recherche du château de Versailles (collection « Aulica »).